Manu savonnier barbe noire

La question qu’on me pose le plus souvent c’est comment j’en suis arrivé à faire du savon, à être artisan savonnier.

Je pourrai vous dire que j’ai toujours aspiré de réaliser des savons, que la soude et l’huile m’ont éternellement fait rêver. Que je passais un temps infini dans la salle de bain d’un oncle ou d’une tante que ces odeurs me transportaient dans un monde incroyable…La belle histoire quoi.

Sérieusement ? Non. Mais alors vraiment pas.

Déjà on va reprendre depuis le début ou pas trop non plus.

Moi c’est Manuel Girones ou Manu et je suis de ceux qui n’ont jamais trop su ce qu’il allait faire dans leur vie, du moins professionnelle.

Donc une fois les cours finis j’ai décidé de courir le monde. De découvrir ailleurs.

J’ai parcouru la planète, enfin l’Europe, pendant une dizaine d’années…

Et j’ai même trouvé un travail en intérim pas trop mal dans une grosse boite au sein de leur département finances et puis ils m’ont gardé pendant 5 ans.

Finances… Savons… On est d’accord, c’est pas trop raccord hein ?

À la fin j’étais responsable « analyse risque financier » pour les clients de France, Luxembourg, Belgique et Pays-Bas.

Cette expérience m’a montré les travers des multinationales, la rentabilité à tout crin. Continuer ainsi m’obligeait à trahir mes convictions, mon éthique.

Je me suis mis en quête d’une reconversion.

Et un jour, je suis entré, je ne sais plus pourquoi, dans une fabrique de savon. L’idée a commencé à germer. Ça m’a tout de suite plu.
Il y avait de tout, de la chimie, du marketing, du contact client, de la gestion d’entreprise… De tout.

Et ça, ça me plaisait et ça me captive toujours. Je ne suis plus spécialisé, je touche à tout et je peux gérer ma société de bout en bout.
J’étais complet et maître de mes moyens de production. C’est très important pour moi cette dimension d’autonomie, d’indépendance.

 

J’ai donc fait des recherches sur les méthodes de savon, à froid, à chaud… J’ai rapidement trouvé la méthode qui me ressemblait. La saponification à froid.
Alors au début j’ai réalisé mes premiers savons chez moi. J’en ai mis partout.

Savonnier atelier

Cette méthode ancestrale a fait ses preuves, c’est forcément artisanal et c’est ce que je désirais.
Je voulais du vrai, de l’authentique.

Avec cette technique, on a un savon plus doux, avec la glycérine végétale qui est issue de la réaction chimique, on garde aussi tout l’intérêt des bonnes huiles…

 

Mais comme je manquais d’expérience j’ai donc cherché à me former.

C’est là que je suis parti passer mon diplôme de savonnier à l’UESS, l’Université Européenne des Senteurs et des Saveurs à Forcalquier dans les Alpes-de-Haute-Provence.
Vous connaissiez ?

Moi non plus.

C’était en même temps mon retour en France en 2014. De citoyen du monde je me suis enraciné dans mon pays, ma région d’Alençon , dans l’Orne en Normandie.

Depuis j’ai monté ma société : Savon Barbe Noire qui est située 39 cours Georges Clémenceau à Alençon. Ca marchait bien j’ai même du changer (quelques mètres plus loin) pour m’agrandir !

les 2 mains Barbe Noire

père et fils

Je fais les marchés et j’adore ça. Le contact direct avec les gens et toutes les discussions que ça amène. C’est sur le marché de Noël que j’ai rencontré ma femme et mon premier enfant a suivi tout comme la maison.

Le savon mène au bonheur.

 

Maintenant, je suis d’autant plus convaincu que l’entrepreneuriat, l’artisanat surtout, est beaucoup plus sain quand il est à taille humaine. C’est peut-être plus cher, mais on enclenche ainsi un cercle vertueux. On préfère des produits sains et qui font travailler des emplois en France. On consomme mieux alors et c’est aussi une meilleure pratique pour la planète. Moins de transport, plus de local, que des bonnes choses.

La maroquinerie, les boites à savons sont faites en France. Les petits textiles comme les pochettes à savons et les masques sont fabriqués à moins de 40 min de l’atelier.
Les chevalières, conçues dans l’est de la France et les peignes en corne sont taillés à Lille.
Tous les produits que je propose à l’atelier sont du « Made in France » et ça restera ainsi.

 

Et si vous vous posiez la question : non, mes savons ne sont pas réservés aux gars velus, aux barbus et autres moustachus ! Ils sont parfaits pour toute la famille. De 5 à 105 ans.

Alors oui les huiles et baumes à barbes… là j’avoue c’est plus ciblé. Mais le reste c’est open-bar !

N’hésitez pas à venir jeter un œil à l’atelier. Je ne mords pas (trop fort), promis.